Apprendre à distribuer

Ceci fait partie de l'apprentissage de l'autonomie et doit se mettre en place dès 2 ans et demi.

Apprendre à distribuer, c'est une façon de penser aux autres.

Distribuer un jeu de cartes, ce n'est pas si simple que cela. Il faut prendre l'autre en compte. C'est communiquer en quelque sorte. 

Phase 1 : retourner toutes les cartes.

Pour retourner les cartes, il est indispensable que l'enfant utilise ses deux mains simultanément pour une bonne latéralisation de ses hémisphères cérébraux.

 

Retourner les cartes.

Phase 2 : retrouver les paires

Cet exercice demande à l'enfant de bonnes capacités  d'exploration visuelle. Au début cela va être difficile et nous allons l'aider à ne pas être découragé. 

Etre autonome c'est savoir gérer le temps

Le jeune enfant n’a pas la notion du temps ni de la durée. Il va donc fréquemment demander quand on part à la piscine ou autre sortie prévue dans la journée.

De même, quand il est en train de faire quelque chose d’intéressant, il n’aime pas en être interrompu même s’il a été prévenu qu’il irait, par exemple, se laver « après ».

Pourquoi cela ? 

Les notions de « avant » et « après » « tout à l’heure » ne représentent rien pour un jeune enfant.

Vous remarquerez aussi que si l’enfant n’aime pas être interrompu dans une activité c’est une activité qu’il aime.

Quand nous faisons quelque chose d’agréable, quand nous avons une discussion à la terrasse d’un café avec quelqu’un que nous aimons, nous disons que nous ne voyons pas le temps passer. En revanche, si nous écoutons une conférence, qui ne nous intéresse pas, nous comptons les minutes. Pour un enfant c’est la même chose. De plus, il n’a pas de montre pour se repérer dans le temps.

Comment l'aider ?

L'enfant a donc besoin de trois indicateurs visuels du temps

L'horloge

Le calendrier de la semaine

Le Time Timer (sujet que je compte traiter)

 

L'horloge

Vous pouvez acheter une horloge avec un cadran en verre dans un magasin de bricolage ou une horloge avec un cadran en bois dans un magasin de travaux manuels.

Sur l’horloge avec un cadran en verre vous collerez des pastilles Velcro adhésives à la place des heures. Vous pourrez ainsi y scratcher les images représentant les activités que vous allez faire dans la journée.

Sur l’horloge avec un cadran en bois il est difficile de coller des pastilles velcros autocollantes. Il vaut mieux coller des petites pinces à linge en bois

En ce qui concerne le choix des images

En ce qui concerne le choix des images représentant les différents lieux fréquentés par l’enfant, il peut être intéressant de le photographier en train de s’amuser dans un de ces endroits en question. Ainsi, à la place d’une image neutre qui n’évoque rien, l’enfant pourra revivre mentalement le plaisir qu’il a éprouvé. Cela le préparera à la construction d’images mentales indispensables au développement de la compréhension orale puis écrite.

Ici les images (à l'exception de celle qui représente l'enseigne de Mac Donald) ont été tirées à partir du logiciel Picto-Selector que vous pouvez télécharger gratuitement ici https://www.pictoselector.eu/fr/

Premier exercice

Avec votre enfant, vous allez choisir ensemble les événements importants de la journée.

Par exemple, il veut aller à la piscine, au parc et au Mac Donald. Si vous acceptez d’y emmener votre enfant, vous aller placer les images aux horaires où vous serez disponible.

Attention, si vous voulez aller au cirque le soir, ne collez pas l’image le matin. Vous le ferez vers midi, quand les images du matin auront été retirées.

Cela donne ceci en images :

Deuxième exercice

Il est tout aussi important que le premier : Vous allez aider votre enfant à se repérer dans le temps de la journée grâce aux indices qui ne changent pas comme le petit déjeuner, le déjeuner, le goûter, le moment de la toilette, le dîner et le rituel du coucher.

Pour cela, vous allez photographier votre enfant pendant tous ces moments. Si vous êtes doués dans la photo, vous pouvez la retoucher.

Il faut faire l’exercice avec une horloge où sont indiquées les heures (ici, ce sera l’horloge en bois).

Vous retournez toutes les images « moments de la journée ». Vous demandez à l’enfant de piocher une carte : il tire l’image « goûter ». Où va-t-on la mettre sur le cadran ? et on continue ainsi jusqu’à ce que toutes les images soient placées.

Une fois que vous avez fait l'exercice ensemble plusieurs fois, vous pouvez demander à l'enfant de mettre tout seul toutes les images. 

Le calendrier de la semaine

L’objectif est d’apprendre à l’enfant

A se repérer dans les jours de la semaine.

À savoir dans combien de temps aura lieu tel ou tel événement.

Il ne faut pas oublier que l’enfant autiste a beaucoup de mal dans l’organisation visuo-spatiale.

Ce calendrier devra être le plus simple possible.

Il ne s’agit donc pas de mettre sur ce calendrier toutes les activités de l’enfant mais seulement les plus importantes pour lui.

Nous ne mettrons donc pas les activités routinières bien intégrées par l’enfant, telles que : l’école, le goûter, la toilette...

Les jours de la semaine seront écrits en couleur. Il est bien de demander à l’enfant quelle couleur il veut mettre pour chacun des jours de la semaine.

Vous pouvez aussi demander à l’enfant de symboliser chacun des jours de la semaine par un petit dessin. Par exemple, le lundi c’est un ballon, le mardi une raquette...etc.

En ce qui concerne la trame de fond, vous pouvez différencier les jours de repos des jours d’école par deux couleurs différentes.

Il faudra aussi marquer une différence entre le matin et l’après-midi.

Il faudra différencier les repas où l’enfant déjeune à la maison de ceux où il déjeune à la cantine par une image différente.

Une fois que nous avons collé sur une planche de carton nos deux feuilles plastifiées représentant les sept jours de la semaine, nous allons coller sur chaque colonne représentant chaque jour une bande Velcro autocollante.

Chaque matin, l’enfant devra déplacer son jeton qu'il scratchera sur les bandes velcro.

Ensuite, j’ai construit une petite bande amovible pour les notions de « aujourd’hui », « hier » et « demain ». Il faudra également la déplacer chaque jour. Ainsi nous pourrons demander à l’enfant quel jour était « hier » et quel jour sera « demain » en lui désignant en même temps ces notions temporelles si complexes.

Nous pouvons ensuite placer les activités qui ne font pas partie de la routine et qui intéressent l’enfant.

Par exemple, cette semaine, nous avons décidé d’aller au cirque dimanche après-midi. Nous pouvons quand même placer quelques activités routinières comme le parc et la piscine pour que l’enfant puisse se repérer par rapport à celle-ci.

Au fur et à mesure que l'on avance dans la semaine, l'’enfant va constater que son jeton se rapproche peu à peu des évènements qu’il apprécie. 

 

A propos de l'application TALK TABLET

Pour être autonome, il faut pouvoir communiquer ses besoins élémentaires. Il existe une application TALK TABLET entièrement paramétrable qui permet à une personne non-verbale de pouvoir exprimer ce qu'elle désire. Cette application permet également de pouvoir exprimer ses émotions, sa douleur, son inconfort (si on a chaud ou froid ...etc).

Cet outil est adapté principalement aux personnes autistes. Il nécessite toutefois un apprentissage par une orthophoniste.

Talk Tablet est disponible sur les tablettes Apple comme sur les tablettes Android.

Ne pas pouvoir communiquer c'est ne pas pouvoir exprimer ses émotions.

Cela entraîne inévitablement des troubles psychologiques (troubles du comportement ou dépression voire tentative de suicide).

Avec Talk Tablet, la personne autiste peut exprimer ce qu'elle ressent et surtout pourquoi.

Voici une explication plus détaillée de cette application dans la vidéo ci-dessous :

Rapport de cause à effet et autonomie

J'observe que jeu éducatif est le type de jeu très souvent privilégié par les parents. Il peut s’agir de jeux d’encastrement de lettres ou de jeux pour apprendre les couleurs, les nombres, le vocabulaire…

Les parents pensent que leur enfant, stimulé par ce type de jeu, réussira à l’école et dans la vie. Ils sont très fiers, par exemple, que leur enfant connaisse ses couleurs et ses lettres avant même qu’il ne sache véritablement faire des phrases. Il est fréquemment observé que les enfants – qui n’ont pas compris le rapport de cause à effet – ont un mode d’apprentissage plaqué, répétitif.

Les enfants, qui ne mettent pas de liens, apprennent alors pour apprendre sans donner de sens à ce qu’ils apprennent.

Ils peuvent, par exemple, réciter une comptine numérique, mais sans pouvoir associer le nombre à une quantité. Ils peuvent également lire sans donner de sens aux mots. Ils peuvent plus tard faire des additions sans comprendre le sens de l’opération.

Comment aider l’enfant à comprendre le rapport de cause à effet ?

Il est fréquemment observé que l’enfant qui n’a pas compris le rapport de cause à effet avec les jouets s’en désintéresse rapidement. Il faut l’encourager à persévérer. Pour cela, il faut trouver LE jouet qui maintiendra son attention pendant un certain temps et lui donnera envie de recommencer.

Jouer doit être avant tout un plaisir

C’est souvent difficile à faire, mais forcer l’enfant à s’intéresser à un jouet n’est pas naturel. Il n’y a pas de plaisir dans la contrainte.

Avant l’achat de jouets en magasin, on peut conseiller aux parents d’emmener leur enfant dans une ludothèque.

Laisser l'enfant découvrir le jouet - Les jouets n'ont pas de mode d'emploi

Dans la mesure du possible, il faut éviter de donner à l’enfant le mode d’emploi du jouet au risque d’intellectualiser la connaissance de ce jouet.

Jouer c'est apprendre à penser, prendre des initiatives et devenir autonome

L’enfant doit faire sa propre expérimentation, même s’il ne s’y prend pas de la « bonne » manière. C’est à lui de trouver les lois. S’il apprend à le faire avec un jouet, il le fera avec le monde qui l’entoure. Il prendra des initiatives et deviendra autonome. Il est nécessaire de laisser l’enfant tâtonner, mais non de le laisser se décourager et donc d’abandonner le jeu.

La construction de la pensée a besoin de temps.

Tant que l’enfant ne s’énerve pas et ne casse pas le jouet, il est bien de l’observer, de ne pas le déranger dans sa réflexion. Si un parent ou une autre personne intervient trop tôt pour apporter une aide, il empêche l’enfant de prendre des initiatives et de devenir autonome.

 

Commentaires

03.06.2021 20:59

Cinar

Meilleur des orthophonistes, très compétente et très sympathique, ma fille l’adore !!

04.06.2021 08:52

Domitille

Merci beaucoup chère madame, vous aussi avez une fille formidable !